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Le Piano Oriental

Je continue cette nouvelle série d’articles autour des livres avec un coup de coeur, découvert encore une fois en flânant dans la librairie de mon quartier où je passe beaucoup de temps décidément… Il n’y aura évidemment pas de spoiler ici ou dans les prochains articles sur mes dernières lectures, vous pouvez donc lire la suite sans crainte !

le Piano Oriental Zeina Abirached

Le Piano Oriental, de Zeina Abirached – ♥♥♥♥♥

 

Dans ce roman graphique monochrome, Zeina Abirached nous raconte le parcours d’Abdallah Kamanja, personnage inspiré de son arrière grand-père Abdallah Chahine qui eut l’ingénieuse idée de créer un Piano capable de produire le quart de ton* (spécifique à la musique orientale). On suit ainsi les aventures de cet inventeur et d’autres personnages hauts en couleur, dans le Liban de l’avant-guerre civile durant les années 1960 et la poursuite de ce rêve d’un instrument « bi-lingue », de Beyrouth à Vienne, en passant par Marseille…

J’ai trouvé le trait de Zeina Abirached empreint de sensibilité et d’humour, ses dessins sont à la fois simples et riches de métaphores, de symboles et de sonorités. Le noir et le blanc y sont tout à fait pertinents car ils réfèrent à la mémoire d’une époque passée, un peu comme un vieux film en noir et blanc, aux couleurs du clavier, à cette dualité entre la musique occidentale et orientale, les langues française et arabe, les singularités culturelles, etc. Avec beaucoup de poésie, ce récit est mis en parallèle avec la double culture de l’auteure qui quitte le Liban pour Paris à l’âge de 23 ans. J’ai adoré cette histoire qui a fait écho en moi et cet univers graphique foisonnant de vie ! Ce livre se déguste comme une bonne tasse de thé jusqu’à la dernière page…

*Minute solfège : Sur un clavier de Piano, le plus petit intervalle entre deux notes successives est un demi ton, et c’est généralement le cas dans toute la musique occidentale classique. La musique orientale est différente au niveau des sonorités puisqu’elle comporte aussi des quarts de ton, que l’on peut jouer majoritairement sur des instruments à cordes comme le Luth, le Qanûn, ou même le violon… Il y a des artistes contemporains qui réussissent à abolir cette frontière entre orient et occident dans leur musique, je pense notamment à Ibrahim Maalouf avec sa trompette arrangée qui joue des quarts de ton, ça donne un mélange des genres d’une beauté rare.

le piano oriental

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